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  • L'édito du numéro spécial LGV Bretagne Pays de la Loire 27.12.2017

    L'édito du numéro spécial LGV Bretagne Pays de la Loire


    Les LGV Sud Europe Atlantique (présentée dans le numéro de juillet-août) et Bretagne Pays de la Loire pourraient passer pour soeurs jumelles car elles ont été toutes deux mises en service le même jour. Mais ce sont en réalité deux lignes bien distinctes, même si la LGV Atlantique les unit à Paris. Leurs montages financiers et, consécutivement, leurs régimes d’exploitation commerciale à l'’égard des entreprises qui y feront circuler des trains sont bien différents. En outre, la LGV BPL présente l’'originalité d’'accueillir de « vrais » TER, vrais dans le sens qu'’il s'’agit de trains à vocation régionale tant dans leur desserte que par le matériel roulant utilisé. Pour ces raisons, la LGV BPL mérite bien un numéro spécial de la RGCF à part entière, comme l’'atteste son épaisseur.

    Si la longueur de la LGV BPL est nettement inférieure à celle de la LGV SEA, le gain de temps est assez voisin car la ligne classique du Mans à Rennes, sinueuse, ne permettait pas de rouler à plus de 160 km/h, loin derrière les 220 km/h autorisés sur le sud-ouest vers Bordeaux. Les deux capitales régionales, Nantes pour les Pays de la Loire et Rennes pour la Bretagne, englobées dans ce même projet BPL, restent cependant concernées différemment par cette nouvelle ligne. Dans un cas, celui de Nantes, le gain de temps se limite aux trains qui contournent Le Mans ; en outre, l'’arrière-pays ferroviaire accessible en rames TGV sans rupture ne dépasse pas Le Croisic et Les Sables d’'Olonne. Dans l’'autre cas, celui de Rennes, ce sont les deux grandes radiales vers Brest et Quimper qui entrent dans la logique de la LGV : toute la région Bretagne se branche directement sur ce grand projet, nouvelle étape du désenclavement dont le chemin de fer est l’'outil majeur depuis son apparition.

    Trois LGV viennent d’'être ouvertes en un an. Le contournement Nîmes-Montpellier s’'ouvre en décembre 2017. Bien que conçu comme une LGV, apte à 350 km/h, en réservant ainsi un potentiel précieux pour l’'avenir, CNM sera d’'abord exploité comme une ligne nouvelle, classique, sans spécialisation des trafics ; plutôt qu’'une offre nouvelle répondant à une attente permanente, en l’'occurrence le gain de temps, son objectif immédiat vise à alléger le trafic sur la ligne classique ancienne, proche de la saturation. La description de CNM, dans sa phase de construction, a été donnée dans le numéro de janvier 2017. Nous y reviendrons dans le courant de 2018 avec un dossier traitant de son exploitation, à la lumière des premiers mois de circulation.

    Le réseau ferroviaire à très grande vitesse passionne les Français, qu'’ils soient voyageurs, élus locaux, décideurs politiques nationaux, ingénieurs, industriels ou exploitants. Ces réalisations récentes s'’inscrivent dans une vague de fond mondiale en faveur du TGV que la France aurait bien tort de négliger alors qu'’elle a toujours à défendre sa place de pionnier dans le secteur ferroviaire.

    Bonne lecture !

    Pascal Lupo

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  • L'édito du numéro de novembre 06.11.2017

    L'édito du numéro de novembre


    Le sérieux d’'une revue technique pourrait se mesurer à son ton professoral, où les textes ne seraient que des leçons imposées au public venu s’'instruire sans discussion. Le sérieux de la RGCF ne s’'entend pas de cette manière. Sans exclure une certaine fantaisie consistant à ne pas aborder qu'’un seul aspect du chemin de fer, c'’est la rigueur des exposés et des thèses qui guide sa ligne éditoriale. La compétence professionnelle des auteurs s'’impose dans le choix des articles publiés ; avec le recul du temps émergent des grandes signatures qui jalonnent notre histoire ferroviaire depuis 1878.

    La RGCF pose les bases d'’un dialogue fondé sur des connaissances solides et conduisant à des débats d'’idées enrichissants, en dehors de toute considération personnelle. Vos réactions auprès du comité de rédaction font bien ressortir cette envie d'’apprendre mutuellement, autant de l'’auteur vers le lecteur, en lui faisant part de ses connaissances, que du lecteur vers l'’auteur, soucieux d’'apporter un complément ou désireux d’'en savoir davantage.

    Parmi les articles publiés, deux catégories suscitent plus particulièrement des échanges, au demeurant toujours constructifs car ils attestent de la volonté de bien comprendre du côté des lecteurs ou de bien se faire comprendre de celui des auteurs.

    La première catégorie regroupe, curieusement, les dossiers qui paraissent les plus austères, ceux qui décrivent des techniques très pointues. C'’est un gage de qualité pour la revue, à la fois intrinsèquement lors de la rédaction des textes et de la relecture minutieuse de la maquette avant impression, et comme preuve du haut niveau de compétence des lecteurs et de la grande attention qu'’ils portent aux écrits. Le dossier sur le freinage d’'urgence en cas de patinage paru récemment a ainsi révélé un niveau d’'expertise remarquable parmi le lectorat. Et ce n’'est pas une exception.

    La seconde catégorie d’'articles faisant le plus souvent réagir est de nature quasiment opposée : non plus des faits tangibles immédiats, mais au contraire des scénarios d’'avenir, avec leurs incertitudes malgré le sérieux des prospectivistes. La RGCF sonde le futur et c’'est une de ses originalités éditoriales.

    Dans le présent numéro, un état de l’'art des réflexions sur la conduite automatique nous projette plusieurs années devant nous : l’'exercice est courageux car il engage l’'auteur sur un terrain encore à bâtir ; n’'est-ce pas aussi le propre d'’un stratège d’'être audacieux ? L'’information sur les services d’'autocars librement organisés, qui n’'ont rien de ferroviaire, vient prouver que le train n'’a pas fini d’'être confronté à un environnement mouvant, difficilement prévisible. Puisqu’'on se projette dans l’'avenir, on peut déjà annoncer un dossier à paraître dans quelques mois sur une prospective du chemin de fer en 2050 : nul doute qu’'il déclenchera des interrogations qui font indéniablement de la RGCF une source d'’inspiration propice au dialogue entre auteurs et lecteurs, bien plus enrichissante qu’'un monologue sans appel.

    Bonne lecture !

    PASCAL LUPO

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  • Lisez l'édito du numéro d'octobre ! 16.10.2017

    Lisez l'édito du numéro d'octobre !



    Dans ce numéro d’'apparence très technique, c'’est en réalité la vie humaine qui se dessine sous plusieurs angles, quatre au minimum.

    D’'abord les conditions de travail, au coeur de la production ferroviaire, loin des regards extérieurs. Les articles sur la ventilation des tunnels et sur le wagon épurateur des gaz d’'échappement doivent nous rappeler ce que l’'on doit à tous ceux qui travaillent dans l’'ombre, ou même justement dans l’'obscurité des travaux publics trop souvent méconnus des voyageurs. Le reportage sur le RVB met en lumière de beaux engins ; mais on pensera aussi aux ouvriers dans un milieu bruyant et, de plus en plus fréquemment, la nuit.

    Ce sont aussi les agents bien visibles, tous ceux qui travaillent au contact de la clientèle. De même que les machines-outils transforment radicalement les conditions et les méthodes de travail tout en les améliorant, le métier de vendeur doit se réinventer. Le nouvel espace de vente innove dans la conception des relations humaines, avec le libre-service accompagné, expression qui unit bien le client, libre de se servir, et le vendeur, qui accompagne par son conseil.

    Les clients deviennent voyageurs une fois installés dans un train. Des autorails les ont acheminés dans nos belles campagnes françaises et un livre nous raconte, telle une biographie, l’'histoire d’'une famille d’'entre eux qui arrive à son crépuscule. Le matériel roulant affecté au TER forme un vrai trait d’'union entre personnel cheminot et usagers, pour reprendre un terme désuet pour certains, ancré dans la mémoire pour d’'autres. Ce livre serait une bonne idée de cadeau car il touche tout le monde en rapprochant producteurs et utilisateurs du chemin de fer.

    Enfin, parfois trop loin du train qu'’ils ne prennent pas, les Français se déplacent de multiples façons qui sont analysées dans le nouveau rapport de la Commission des comptes transports de la nation : tendances sur les volumes et les motifs de déplacement, les moyens utilisés et leur coût collectif. Ces statistiques constituent l’'aboutissement des efforts des professionnels du transport et leur reconnaissance par nous tous, réunis dans un peuple de producteurs et de consommateurs.

    Ainsi, le chemin de fer est bien l’'affaire de tous les citoyens, quelle que soit la proximité de chacun vis-à-vis des techniques présentées dans ce numéro de votre revue.

    Bonne lecture !

    PASCAL LUPO

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