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Actualités

  • 15.07.2016

    Le numéro de Juillet-Août est en ligne !


    Ce numéro, par la variété surprenante des sujets traités, donne une idée de ce que seront les chemins de fer dans les décennies devant nous. Commençons par le résultat : le trafic fret en Europe passera sur de grands axes qui desserviront le continent d’un bout à l’autre, comme ici du nord jusqu’à la Méditerranée. Et c’est le train qui le fera dans les meilleures conditions, ainsi que le montre, tel un clin d’oeil, la photo de couverture : seul, le train est capable d’assurer un trafic important avec une énergie propre et renouvelable, l’électricité produite en réseau.

    Ensuite, le train, déjà connu pour sa faible emprise au sol, tirera toujours davantage le maximum de ses infrastructures. Cet atout, parmi les transports terrestres, n’est malheureusement pas reconnu autant qu’il le mérite. Il est vrai que les exploitants, dans leur travail au quotidien pour faire rouler davantage de trains sans étaler outre mesure les plans de voies, exercent leur talent en dehors de la vue du public. Tracer le meilleur graphique pour occuper efficacement les voies est un art ancien : avec les développements incessants des outils informatiques, de nouvelles méthodes de travail permettront d’accroître encore la productivité des installations ferroviaires. Le logiciel au nom peu médiatique d’OpenGOV, dévoilé ici, est ainsi un instrument de l’efficacité du système ferroviaire dans les gares maintenant insérées dans le tissu urbain qui les bride.

    Le chemin de fer a toujours fait appel aux découvertes techniques pour en tirer le meilleur parti. Par exemple, l’exploitation ferroviaire, sous tous ses aspects, circulation, commercialisation, gestion administrative, n’a pas manqué les étapes des progrès de l’informatique. Ce fut d’abord la cybernétique, ce sera dorénavant le digital. Les trois « infos » en donnent un large aperçu : la télématique, avec le logiciel Reggliss, la digitalisation des documents, objet du séminaire EuroDigiRail, les satellites, débattus sur leur apport possible à l’exploitation.

    La technique demeure un fondement du train. Le dossier sur les rotules peut sembler marginal tant le sujet est précis ; pourtant, c’est un élément essentiel du bon fonctionnement de toute machine et l’homme lui-même le sait bien en son for intérieur. Irions-nous jusqu’à dire que le chemin de fer repousse ses limites techniques face à l’usure comme les progrès de la médecine nous conduisent à s’interroger sur le transhumanisme ? Il est permis de penser que le train garde une place dans les réflexions sur notre avenir.

    Enfin, la présentation de nouvelles locomotives électriques destinées à tirer des trains de voyageurs à 200 km/h mérite d’être soulignée, parce que l’excellence ferroviaire française, appuyée sur une longue expérience, se diffuse loin, hors d’Europe, sur des territoires qui préparent leur avenir. Le Kazakh - stan poursuit sa lancée en faveur d’un réseau ferroviaire résolument efficace, dans des conditions climatiques difficiles. La RGCF dans son numéro de juin 2013 vous avait déjà montré les nouvelles locomotives fret kazakhes. Il ne s’agit pas d’un coup d’éclat éphémère, mais bien d’un aperçu du paysage ferroviaire tel qu’il se dessine dans le monde pour le siècle devant nous.

    Assurément, le train sait se projeter dans l’avenir, qu’il se construit luimême en permanence dès le temps présent.

    Bonne lecture ! Pascal Lupo

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  • 15.06.2016

    Lisez l'edito de juin !


    En France, et sans doute ailleurs également, la relation entre la nation et les cheminots demeure teintée tout à la fois de proximité et d’éloignement, de passion et d’agacement, trop souvent d’incompréhension. On connaît la boutade que rapporte Louis Armand dans ses Propos ferroviaires, où les cheminots ne partagent rien avec la société civile sauf les cimetières. Le numéro de la RGCF que vous avez sous les yeux, chers lecteurs, sous couvert de dossiers d’apparence très technique comme s’ils devaient ne s’adresser qu’à une élite du chemin de fer, vient apporter de quoi revoir cette vision simpliste et quelque peu méprisante. Deux dossiers sont pointus sur le plan technique : IRIs by TGV et IGBT partie 2. Ils ne s’adressent pas qu’à des ingénieurs ; ces sujets sont fréquemment évoqués dans les services de l’État, car ils ont des retombées sur l’excellence ferroviaire, en l’occurrence son impact sur la capacité d’exportation de l’industrie ferroviaire, et sur la maintenance du réseau ferroviaire français dont on sait quelle place primordiale elle occupe dans les débats sur les politiques publiques d’investissement. L’attachement des Français à leur chemin de fer, même s’ils ne dédaignent pas la route en découvrant l’autocar ou la voiture d’autrui, reste vivace. Les visiteurs qui viennent voir Grand Train sur le site du dépôt de Paris La Chapelle sont nombreux à admirer les locomotives brillamment restaurées, en souhaitant qu’un musée définitif succède à cette exposition éphémère. C’est dire à quel point le travail de restauration du patrimoine ferroviaire, dont vous trouverez les étapes dans le dossier préparé par des agents du Technicentre de Rouen Quatre-Mares, répond à une attente du grand public. Plusieurs machines présentées à La Chapelle sont le fruit d’un minutieux travail associant compétence technique, rigueur professionnelle, patience et persévérance. Toute cette expertise industrielle est mise au service de la Cité du train, musée ouvert à tous, à l’opposé d’un monde prétendument fermé. Lorsque vous aurez lu l’article sur la Fondation sNCF, le doute ne sera plus permis : les cheminots savent s’intéresser à la société dans laquelle nous vivons, se dévouer à des causes en dehors du milieu ferroviaire, partager les expériences et le savoir-faire acquis dans leur métier. « La profession de cheminot a été aiguillée, dès l’origine, vers la solidarité », écrit Louis Armand. De nos jours, cette solidarité est autant tournée vers l’extérieur de l’entreprise, comme l’attestent les activités de la Fondation sNCF. Le train s’ouvre sur l’Europe encore davantage, avec alys et sa nouvelle offre Izy. Il va même encore plus loin, comme le montre son imbrication dans le port de La Rochelle, porte d’accès sur le monde. Il se fond dans la société tout entière, représentée dans le cinéma dont il est un acteur depuis toujours. Assurément, le monde cheminot, loin de vivre en vase clos, porte son regard dans toutes les directions, dans le monde, dans la société humaine, dans le temps. Le sommaire de ce numéro de la RGCF est là pour nous ouvrir les yeux autour de nous et mieux nous comprendre, quelle que soit notre place vis-à-vis du milieu ferroviaire.
    Bonne lecture !
    François Vielliard

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  • 15.05.2016

    Lisez l'édito du numéro de mai !


    De quoi sera fait l’avenir du chemin de fer ? Le futurisme a fait rêver des générations : malgré l’enthousiasme qu’il suscite, il n’est plus d’actualité dans un monde morose. Il a laissé la place à la prospective, qui se veut plus sérieuse, avec ses calculs et ses hypothèses, que la science-fiction réputée fantaisiste. Tout cela est bien injuste, comme l’histoire du chemin de fer le démontre. Aller de Paris à Lyon en deux heures, sans fatigue, sans malaise, sans salissure, est bien aujourd’hui une réalité grâce au TGV alors que ce fut une utopie au xVIIIe siècle. Louis Armand, dans son discours d’introduction des journées d’Annecy en 1951 sur les recherches relatives à l’usage du courant industriel 25 000 volts, était-il un utopiste ou un visionnaire ? Les sujets que vous trouverez dans le présent numéro réjouiraient tous les cheminots qui ont eu foi comme lui dans l’avenir du train même dans les périodes de sinistrose et de dédain que le chemin de fer a connues et connaît encore de nos jours. Le rêve devenu réalité : le dossier sur le Zefiro de Bombardier prouve que les efforts des ingénieurs ne sont pas vains, au bénéfice du plus grand nombre. Innover dans les domaines les plus pointus de la technologie demeure indispensable pour relever le défi permanent d’une fiabilité et d’une économie de fonctionnement toujours accrues : si les IGBT ne sauraient guère retenir l’attention du grand public, ils n’en sont pas moins un élément contribuant à une prestation de service performante. La surveillance des tunnels, là encore touchant bien peu les voyageurs qui n’ont pas à s’en soucier, franchit un pas en avant avec l’utilisation des techniques numériques. Les lignes ferroviaires sont apparues pour relier des villes ; puis leur intérêt s’est manifesté pour desservir les agglomérations urbaines denses. Jules Verne, dans Paris au xxe siècle, imagine que la ville s’étendra de façon concentrique, avec des voies de communication circulaires de plus en plus éloignées du centre : dans ce numéro de la RGCF, l’histoire lui donne raison. Le décryptage des lignes de métro du Grand Paris et l’arrêt sur image de la Petite Ceinture pourraient être le dénouement de ce roman d’un rêveur et visionnaire à la fois. On notera que l’infrastructure de la PC est bien conservée pour rendre possible de nouveau son exploitation ferroviaire : science-fiction ? Croire dans un avenir inconnu du chemin de fer est pourtant raisonnable. Quant aux réflexions sur le Maglev et Hyperloop, qu’on ne s’y méprenne pas. Certains y croient fermement, d’autres n’y voient que des gadgets. Ce sont des sujets dignes d’intérêt pour tous les lecteurs de la RGCF, car c’est une réflexion sur l’avenir. N’oublions pas que l’aérotrain a abouti à un grand succès, celui du TGV qui a su s’imposer dans une course vers le futur grâce à une compétition dynamique. On pourrait parier que la prochaine étape de l’histoire de la grande vitesse ferroviaire aura été involontairement provoquée par des technologies concurrentes. Enfin, ce qui se passe actuellement sur le réseau ferroviaire en Allemagne, à la lumière du rapport du régulateur, est instructif sur l’organisation réglementaire et commerciale du chemin de fer dans son avenir proche. Avec ce numéro, nous vous invitons, chers lecteurs, à aller de l’avant pour imaginer le système ferroviaire de demain, qui n’a pas fini de progresser et de nous faire rêver, en reprenant le train du futurisme.

    Bonne lecture !
    Pascal LUPO

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