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Actualités

  • L'édito du numéro d'avril 09.04.2018

    L'édito du numéro d'avril


    Les médias parlent du système ferroviaire le plus souvent dans la confusion lorsqu’'un événement, généralement désagréable, vient nourrir l’'actualité. La RGCF, loin d'’ignorer les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes chargées des investissements et de l’'exploitation ferroviaires, aborde ces sujets dans la sérénité pour permettre de comprendre objectivement les actions menées dans la durée. Le présent numéro offre un panorama étendu de thèmes sensibles sur lesquels ont été interpellés les acteurs de toutes fonctions et de toutes conditions qui travaillent sans relâche.

    Les articles sur le Grand Paris Express, la dalle de Clamart et le tunnel du Saint-Gothard sont à mettre au rang des batailles politiques sur les investissements : doit-on encore justifier l’'utilité d’'un métro dans une agglomération de plus de dix millions d'’habitants ? La faisabilité d’'un tunnel entre la France et l’'Italie est-elle irréaliste tandis que la Suisse vient d'’en construire un encore plus long ? Est-il raisonnable d'’engager des dépenses aussi élevées, pourtant aux retombées socio-économiques sur de longues périodes ?

    Le dossier sur Moripan, MOdèle de RIsque au PAssage à Niveau, rappellera évidemment le cas dramatique des accidents impliquant particulièrement les autocars. Les cheminots, conducteurs de train en première ligne, se préoccupent en permanence de la sécurité et les efforts pour rechercher les meilleures solutions s’'exercent sans discontinuité, même et surtout en dehors des faits d'’actualité malheureux.

    Le dossier sur les essais en vitesse traite aussi d’'un sujet sensible. Tester une nouvelle installation comporte forcément une exploration vers l'’inconnu. Mais il ne s’'agit pas de prendre des risques inconsidérés : la sécurité, priorité continuelle du chemin de fer, ne saurait être négligée dans une campagne d’'essais. Aller de l’'avant s'’avère indispensable pour progresser ; ce n’'est pas pour autant foncer tête baissée.

    Les cheminots du terrain ne sont pas oubliés par l'’actualité médiatique. L’'hiver a été particulièrement rigoureux et le système ferroviaire a subi d'’importantes chutes de neige, y compris en région parisienne. C'’est l’'occasion de belles images, mais aussi de tracasseries pour toute la collectivité, voyageurs comme exploitants. Le décryptage sur les hauteurs de quai a le mérite d'’exposer un problème quotidien, avec la façon de le traiter, bien avant qu'’un journal soudainement vienne laisser entendre qu'’on n'’y avait jamais pensé.

    Enfin, l’'organisation générale du système ferroviaire ne saurait être prise à la légère. Le texte sur le cas de la concurrence sur le réseau en Italie est une contribution supplémentaire de la RGCF à la bonne compréhension des enjeux, conformément à sa ligne éditoriale : présenter posément les faits avec toute la rigueur scientifique utile.

    Assurément, le chemin de fer suscite la passion des Français, tiraillés dans tous les sens, y compris ceux qui ne sont que déchirements de l’'opinion. Il serait préférable de tirer vers l’'avenir le développement du système ferroviaire, porteur de tant de bénéfices trop souvent oubliés dans les débats publics.

    Bonne lecture !

    PASCAL LUPO

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  • L'édito du numéro de mars 12.03.2018

    L'édito du numéro de mars


    Si on devait accoler un slogan au métro, ce pourrait être sans hésitation « l’'efficacité discrète ». L’'opinion publique est quelque peu ingrate à l'’égard du métro. Lorsque la construction d’'une ligne est envisagée, on ne parle guère que des nuisances dues aux travaux, qualifiés de pharaoniques, et de coûts d'’investissement qui ne font que déraper. C’'est par exemple en ces termes que les médias ont tendance à présenter le réseau du Grand Paris Express. Mais une fois le métro en service, c’'est un succès attesté par un trafic toujours important et jamais un regret n’'est exprimé sur la décision de l’'avoir construit. La nouvelle ligne 14, à Paris, n’'a plus à se justifier : bien au contraire, on va la prolonger et accroître la longueur des trains.

    Pourquoi le métro est-il si efficace ? Il répond parfaitement à deux préoccupations majeures des grandes villes : transporter du monde sans encombrer la voirie. De plus, il assure cette fonction dans des conditions de régularité, de rapidité et de sécurité tout à fait honorables. Encore mieux, c’'est lui le premier qui a pris en considération, depuis sa création, le souci de la ville propre, grâce à la traction électrique. La capacité d’'innovation du métro est étonnante depuis plus de cent ans qu'’il a été inventé ; elle paraît inépuisable car c'’est lui qui, par exemple, est le pionnier de la conduite autonome qu'’il pratique déjà quand d’'autres moyens de transport en sont au stade des recherches. Le gros dossier sur la ligne 5 du métro parisien donne à réfléchir : on s’'attend à lire une description d'’une simple modernisation de la signalisation, puis on se rend compte qu’'il s’'agit bien davantage d’'une exploitation radicalement repensée dans une vision d’'avenir.

    Pourquoi qualifier le métro de discret ? Le métro est un serviteur qui se fait oublier, dans sa propre infrastructure, souvent caché sous terre ; il circule en plus et non pas à la place d’'autrui. C'’est bien sa plus grande originalité parmi les transports urbains. Quand il se montre, il fait partie du paysage. Le choix de la photo de couverture s’'analyse sous le double aspect de la discrétion : le train est petit, incontestablement discret, dans un viaduc grandiose qui, inscrit sur l'’inventaire des monuments historiques, n'’a pas besoin de se camoufler. Enfin, l’'arrêt sur image présente des métros dans le monde. Les grands constructeurs et exploitants français sont présents et contribuent à la diffusion du savoir-faire de l’'industrie. On a trop tendance à oublier que le métro est un poste important de nos exportations : il est discret jusque dans le commerce extérieur où il joue pourtant un rôle efficace. Ce numéro rend un peu justice au métro ; il met également en exergue un autre aspect discret de l’'exploitation ferroviaire, la disponibilité des voies à la circulation. Divers engins vous sont présentés. Ils n'’ont pas vocation à se montrer au public. Pourtant, en intervenant sur les voies pour les dégager ou simplement pour les entretenir, ils sont dignes d’'intérêt. Les deux articles traitent de la modernisation des moyens. Là aussi, l'’innovation conduit discrètement vers une efficacité toujours meilleure.

    La lecture du livre sur le métro de Paris est une synthèse de cette efficacité discrète. C'’est l’'histoire inachevée d’'un progrès perpétuel dans la construction, l’'exploitation et l’'entretien d’'un système ferroviaire qui n'’a pas fini de rendre service à la collectivité, partout dans un monde de plus en plus concentré en ville.

    Bonne lecture !

    PASCAL LUPO

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  • L'édito du numéro spécial Énergie de février 12.02.2018

    L'édito du numéro spécial Énergie de février


    Voici pour la quatrième fois en dix mois un numéro spécial de votre revue, qui engendre une inflation du nombre de pages proposées à votre lecture. Un tel élan mérite qu'’on y réfléchisse ensemble.

    Cette vitalité de la RGCF frise quelque peu une certaine insolence, alors que la presse écrite passe une période difficile, notamment celle qui traite du chemin de fer dans ses différents aspects. Mais cette vitalité n'’est autre que celle du train en France, qui arrive toujours à faire preuve de dynamisme malgré les périodes difficiles qu'’il a dû affronter, souvent malgré lui tant il fait partie de l'’histoire de notre pays. Faisons par exemple un parallèle entre la quantité de textes publiés dans la RGCF et le trafic voyageurs. Les numéros spéciaux sur les deux LGV ouvertes l’'été dernier auront été les plus volumineux (280 pages) depuis 140 ans que paraît la RGCF. Le trafic voyageurs n'’a jamais été aussi haut qu’'actuellement, avec un quadruplement du nombre de voyageurs.kilomètres depuis 80 ans que la SNCF a été constituée.

    Ce dynamisme n’'est pas le fruit du hasard. Les thèmes qui déclenchent les numéros spéciaux en donnent au moins trois explications :
    - les innovations radicales, comme l’'électrification en courant industriel 25 000 volts ou, évidemment, la très grande vitesse ;
    - inversement, le travail de fond régulier, discret mais efficace, comme nous en avons eu une illustration avec le cas de Bordeaux ;
    - les progrès permettant de gravir des étapes successives, ainsi la signalisation avec son dernier développement en cours ERTMS, sans que ce soit la fin de l'’histoire puisque l'’automatisation de la conduite annonce déjà la prochaine marche à grimper.

    Le présent numéro spécial aborde l’'énergie, thème fondamental de la vie et de l'’économie, où le transport ferroviaire joue de longue date un rôle constructif et sans cesse à la recherche d'’innovations. Le sujet est loin d’'être facile : pour progresser vers une efficacité et une sobriété optimales, les cheminots dans les trains, les ateliers et les bureaux d’'étude ne ménagent pas leurs efforts pour tirer le meilleur des énergies à imaginer, à produire et à utiliser avec parcimonie. Toutes ces démarches sont pilotées par une direction dédiée, pleinement impliquée dans la prospection d'’idées pour relever les défis techniques, environnementaux, économiques posés par les besoins énergétiques. C'’est ainsi que son dirigeant, Olivier Menuet, est venu proposer à la RGCF de fournir un dossier faisant le point sur les travaux actuels. Mais d’'un simple article attendu, on est arrivé à un ensemble riche au point d'’y consacrer un numéro entier de la revue. Cependant, un numéro spécial est également un défi en matière d’'organisation et de coordination des multiples auteurs, défi que Richard Fécamp a su relever du côté de la direction de l’'Énergie. Simultanément, se sont mobilisés d'’autres acteurs pour élargir notre connaissance de l’'énergie ferroviaire. La photo de couverture, fournie par Paul Bouvarel qui fut président de la SHEM, Société hydroélectrique du Midi, rappelle que le chemin de fer et l’'électricité ont une longue histoire commune, voire une étroite complicité. Les produits pétroliers ne sont pas oubliés, comme l’'atteste l’'article écrit par Francine Antoni qui nous fait part de l'’actualité et de l’'avenir des carburants destinés aux engins à moteur thermique.

    Ainsi, l’'énergie est bien au cœur de l’'histoire de la société humaine, sous couvert de travaux scientifiques que des professionnels du chemin de fer nous font partager avec la passion qui les anime, dans l'’intérêt général.

    Bonne lecture !

    PASCAL LUPO

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