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  • L'édito du numéro de novembre 06.11.2017

    L'édito du numéro de novembre


    Le sérieux d'’une revue technique pourrait se mesurer à son ton professoral, où les textes ne seraient que des leçons imposées au public venu s'’instruire sans discussion. Le sérieux de la RGCF ne s’'entend pas de cette manière. Sans exclure une certaine fantaisie consistant à ne pas aborder qu’'un seul aspect du chemin de fer, c’'est la rigueur des exposés et des thèses qui guide sa ligne éditoriale. La compétence professionnelle des auteurs s'’impose dans le choix des articles publiés ; avec le recul du temps émergent des grandes signatures qui jalonnent notre histoire ferroviaire depuis 1878.

    La RGCF pose les bases d’'un dialogue fondé sur des connaissances solides et conduisant à des débats d'’idées enrichissants, en dehors de toute considération personnelle. Vos réactions auprès du comité de rédaction font bien ressortir cette envie d’'apprendre mutuellement, autant de l’'auteur vers le lecteur, en lui faisant part de ses connaissances, que du lecteur vers l’'auteur, soucieux d'’apporter un complément ou désireux d'’en savoir davantage.

    Parmi les articles publiés, deux catégories suscitent plus particulièrement des échanges, au demeurant toujours constructifs car ils attestent de la volonté de bien comprendre du côté des lecteurs ou de bien se faire comprendre de celui des auteurs.

    La première catégorie regroupe, curieusement, les dossiers qui paraissent les plus austères, ceux qui décrivent des techniques très pointues. C'’est un gage de qualité pour la revue, à la fois intrinsèquement lors de la rédaction des textes et de la relecture minutieuse de la maquette avant impression, et comme preuve du haut niveau de compétence des lecteurs et de la grande attention qu'’ils portent aux écrits. Le dossier sur le freinage d’'urgence en cas de patinage paru récemment a ainsi révélé un niveau d’'expertise remarquable parmi le lectorat. Et ce n’'est pas une exception.

    La seconde catégorie d’'articles faisant le plus souvent réagir est de nature quasiment opposée : non plus des faits tangibles immédiats, mais au contraire des scénarios d’'avenir, avec leurs incertitudes malgré le sérieux des prospectivistes. La RGCF sonde le futur et c’'est une de ses originalités éditoriales. Dans le présent numéro, un état de l’'art des réflexions sur la conduite automatique nous projette plusieurs années devant nous : l’'exercice est courageux car il engage l’'auteur sur un terrain encore à bâtir ; n’'est-ce pas aussi le propre d'’un stratège d’'être audacieux ? L'’information sur les services d’'autocars librement organisés, qui n’ont rien de ferroviaire, vient prouver que le train n’'a pas fini d’'être confronté à un environnement mouvant, difficilement prévisible. Puisqu’'on se projette dans l’'avenir, on peut déjà annoncer un dossier à paraître dans quelques mois sur une prospective du chemin de fer en 2050 : nul doute qu'’il déclenchera des interrogations qui font indéniablement de la RGCF une source d’'inspiration propice au dialogue entre auteurs et lecteurs, bien plus enrichissante qu’'un monologue sans appel.

    Bonne lecture !

    PASCAL LUPO

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  • Lisez l'édito du numéro d'octobre ! 16.10.2017

    Lisez l'édito du numéro d'octobre !



    Dans ce numéro d’'apparence très technique, c'’est en réalité la vie humaine qui se dessine sous plusieurs angles, quatre au minimum.

    D’'abord les conditions de travail, au coeur de la production ferroviaire, loin des regards extérieurs. Les articles sur la ventilation des tunnels et sur le wagon épurateur des gaz d’'échappement doivent nous rappeler ce que l’'on doit à tous ceux qui travaillent dans l’'ombre, ou même justement dans l’'obscurité des travaux publics trop souvent méconnus des voyageurs. Le reportage sur le RVB met en lumière de beaux engins ; mais on pensera aussi aux ouvriers dans un milieu bruyant et, de plus en plus fréquemment, la nuit.

    Ce sont aussi les agents bien visibles, tous ceux qui travaillent au contact de la clientèle. De même que les machines-outils transforment radicalement les conditions et les méthodes de travail tout en les améliorant, le métier de vendeur doit se réinventer. Le nouvel espace de vente innove dans la conception des relations humaines, avec le libre-service accompagné, expression qui unit bien le client, libre de se servir, et le vendeur, qui accompagne par son conseil.

    Les clients deviennent voyageurs une fois installés dans un train. Des autorails les ont acheminés dans nos belles campagnes françaises et un livre nous raconte, telle une biographie, l’'histoire d’'une famille d’'entre eux qui arrive à son crépuscule. Le matériel roulant affecté au TER forme un vrai trait d’'union entre personnel cheminot et usagers, pour reprendre un terme désuet pour certains, ancré dans la mémoire pour d’'autres. Ce livre serait une bonne idée de cadeau car il touche tout le monde en rapprochant producteurs et utilisateurs du chemin de fer.

    Enfin, parfois trop loin du train qu'’ils ne prennent pas, les Français se déplacent de multiples façons qui sont analysées dans le nouveau rapport de la Commission des comptes transports de la nation : tendances sur les volumes et les motifs de déplacement, les moyens utilisés et leur coût collectif. Ces statistiques constituent l’'aboutissement des efforts des professionnels du transport et leur reconnaissance par nous tous, réunis dans un peuple de producteurs et de consommateurs.

    Ainsi, le chemin de fer est bien l’'affaire de tous les citoyens, quelle que soit la proximité de chacun vis-à-vis des techniques présentées dans ce numéro de votre revue.

    Bonne lecture !

    PASCAL LUPO

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  • 01.08.2017

    Le mot de Pierre Sablier, responsable Exploitation Atlantique 2017


    Le pilotage de la mise en exploitation de la ligne et des nouvelles dessertes

    La transformation de l’exploitation sur l’Atlantique au 2 juillet avec l’arrivée des deux lignes nouvelles ne s’est pas construite comme un projet d’ensemble, mais comme un ensemble de plus de quinze projets distincts et complémentaires coordonnés par leurs interfaces : deux projets de lignes à grande vitesse avec nombreux sousprojets de raccordements, un projet de refonte horaire globale introduisant l’horaire cadencé, des projets d’infrastructures connexes à Paris et Bordeaux, trois projets de modernisation ou de reconstruction des gares, un projet de nouveau matériel TGV et un de transformation de matériel TER pour la grande vitesse, un projet de refonte du service TGV, des projets de refontes ou d’augmentation de l’offre TER dans trois régions, des projets de service associés…

    À l’approche de la date de mise en exploitation, trois questions sont apparues. Y a-t-il des lacunes dans certains de ces projets et des révisions à faire ? Les projets convergent-ils et s’assemblent-ils correctement en particulier dans les zones de partage d’infrastructure et de ressources que sont les principales gares et les bifurcations ? La mobilisation et la préparation des agents et des organisations sont-elles à la hauteur de l’enjeu et la coopération assez solide pour faire face à ces changements et aux aléas éventuels ? C’est le sens de la mission prise en charge en novembre 2017 et conduite en tant que Responsable Exploitation Atlantique 2017 avec l’appui de SNCF Consulting. Elle s’est articulée en trois phases.

    Premièrement sonder la solidité de la conception et des choix structurants sur la capacité, ce qui a conduit à des ajustements pour SNCF Réseau et SNCF Mobilités en vue d’un démarrage plus progressif et d’une sécurisation des ressources critiques : rames TGV de réserve, personnel, fiabilisation des Graphiques d’Occupation des Voies et arbitrage travaux. La seconde phase a porté sur certaines procédures collectives comme la gestion de crise, le fonctionnement des grands sites pour assurer les mises à quai et les départs à l’heure…L’exercice de crise du 9 mai a ainsi permis de tester, deux mois avant l’inauguration des services, les circuits de décision et leur réactivité. La dernière phase est celle de la mobilisation des acteurs au travers de différentes séquences en s’appuyant sur des chantiers territoriaux et multi-métiers dans chacune des six régions desservies. Ce dernier temps a permis de solidariser les acteurs de terrain, SNCF comme personnels de LISEA et MESEA sur la ligne SEA, autour d’un but unique commun : servir nos clients.

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