Couverture revue n°225

Numéro 225

Mars 2013

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Éditorial

Le chemin de fer est fondamentalement et dans tous les sens de l’expression attaché au territoire. Sur le plan strictement technique, la plate-forme de la voie ferrée colle au terrain qu’elle traverse ; l’état de l’art est régulièrement abordé dans la RGCF par tous les praticiens, entreprises de génie civil comme exploitants s’occupant de la maintenance.

Mais avant même de construire une ligne, la question du choix des territoires à irriguer grâce au chemin de fer s’est toujours posée sans répit. L’histoire, depuis les origines avec l’étoile de Legrand en 1842 jusqu’à l’avenir dans les décennies prochaines du XXIe siècle avec les discussions en cours sur le SNIT, Schéma national des infrastructures de transport, nous montre bien les passions qui s’expriment : attirer le chemin de fer dans sa ville comme autrefois Dijon a su le faire, ou, au contraire, ne pas trop s’engager, comme à Tours ou à Orléans, voire l’ignorer, comme Alençon, ce qui a bien profité au Mans. Le débat sur le SNIT, en dehors des financements, déclenche les mêmes passions, dans une version modernisée avec la grande vitesse : volonté de rester une ville rapidement accessible pour les partisans tournés vers l’avenir, refus d’une infrastructure supplémentaire chez les adeptes de la stabilité des territoires. Par l’écoute réciproque et l’enrichissement des points de vue, le réseau ferroviaire doit évoluer constamment dans l’intérêt collectif.

Le chemin de fer est donc au service des territoires : c’est ainsi qu’on le conçoit à l’origine. Une fois réalisé et exploité, quelle est et quelle sera son influence sur la dynamique de peuplement des territoires ? C’est à la fois un bilan et une prospective, et les deux font bon ménage, que vous trouverez dans le premier dossier de ce numéro. L’intérêt de la réflexion réside dans l’apport du train non pas seulement par le service qu’il rend aux voyageurs et aux chargeurs, ce qui est sa mission directement tangible, mais par les retombées qu’il procure à l’ensemble de la population.

L’alliance entre le train et le territoire, c’est aussi la desserte imaginée par les entreprises ferroviaires. Ouigo, nouvelle offre SNCF à grande vitesse et à petits prix, procède de cette démarche totalement innovante, car c’est une desserte nouvelle, qui répond précisément aux évolutions profondes des territoires. En ayant Marne La Vallée pour terminus, elle s’adresse aux quatre millions d’habitants de l’est de l’Ile de France, pour qui il est plus facile d’attraper une autoroute déjà déchargée du trafic dense de petite couronne que d’aller au cœur de Paris prendre un train à la gare de Lyon. Nous aurons l’occasion de revenir sur Ouigo après son lancement le 2 avril, mais la vision prospective de ses concepteurs sur la mutation des territoires mérite d’être soulignée dès maintenant.

Tracés des lignes, travaux d’infrastructures, aménagements urbains autour des gares, offres de transport et dessertes sont autant d’aspects de la dynamique de peuplement des territoires dans lesquels le train a marqué son empreinte et continuera d’apporter ses atouts dans un intérêt public bien compris.


Bonne lecture !


François Vielliard

Rédacteur en chef adjoint