Couverture revue n°226

Numéro 226

Avril 2013

Prix Version Papier* : 19.00 €
Prix Version Digital* : 16.00 €
Prix Bimédia* : 29.00 €

Éditorial

L’image du chemin de fer qui vient instantanément à l’esprit du public, c’est le train, et encore plus précisément la locomotive. Cela peut paraître bien injuste, alors même que l’expression chemin de fer fait référence à la voie ferrée. Et on pourrait penser, avec ce numéro, que la RGCF se laisse prendre pacifiquement au piège : la couverture représente un tramway, un grand dossier décrit les locomotives BB7600, la lecture du mois décortique un livre sur le matériel moteur SNCF.

Il n’en est rien : ces thèmes autour du matériel roulant sont traités ici pour en comprendre les fondamentaux, de même qu’on ne saurait apprécier une œuvre d’art en la regardant hâtivement sans s’interroger sur les raisons qui ont amené l’artiste à la concevoir et à la réaliser telle que nous la voyons : que demande celui qui passe commande, quelles sont ses envies, ses contraintes, qu’aimerait-il voir ou absolument éviter, finalement quelles satisfactions espère-t-il ?

La photo de couverture montre des rames Citadis du nouveau tramway du Havre. C’est un grand succès commercial d’Alstom, donc déjà connu. Le message fondamental de cette vue est la gare ferroviaire, qui pourtant n’est pas la nouveauté : cette photo illustre une politique, l’intermodalité, au surplus dans les meilleures conditions environnementales, entre le train qui ouvre la ville sur l’extérieur et le transport urbain qui permet un quasi porte à porte ferroviaire, les deux utilisant l’énergie électrique.

La locomotive BB7600 peut être également appréciée pour sa silhouette si caractéristique de la synergie Alstom – SNCF et pour sa belle livrée Transilien. Les amateurs de performances techniques liront aussi avec intérêt, à n’en pas douter, le détail des modifications apportées à ces machines résolument modernes. Car ce ne sont pas des engins neufs et c’est le choix d’une transformation qui doit ici retenir toute notre attention. Ce choix illustre en effet une décision raisonnable des gestionnaires de l’activité Transilien, permise par la qualité des solutions technologiques retenues avec le constructeur pour la locomotive d’origine, la BB7200, dont le comportement en service a été un succès. Sur cette base solide, la BB7600 va rendre le meilleur service aux clients des trains sur Paris-Chartres, grâce à sa fiabilité. Le souci de bonne gestion financière joue sur deux tableaux. D’une part, les machines nouvellement transformées demandent un investissement moindre que des neuves. D’autre part, elles vont tracter des voitures à deux niveaux de grande capacité possédant le même potentiel d’années d’exploitation que les BB7600 qui leur sont dorénavant dédiées ; locomotives et voitures seront donc amorties ensemble, sans dépréciation d’actif.

Ainsi, le matériel moteur ne saurait être regardé seul : il participe à toute la chaîne de transport, dans un cadre économique auquel il peut s’adapter avec souplesse, au service des clients du chemin de fer qui en attendent régularité, commodité et sobriété. Le tramway au Havre et la BB7600 à Montparnasse sont deux outils efficaces pour y arriver.


Bonne lecture !

Pascal Lupo