Couverture revue n°231

Numéro 231

Octobre 2013

Prix Version Papier* : 19.00 €
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Éditorial

Les entreprises ferroviaires ont la réputation fort ancienne d’être d’abord tournées vers l’excellence technique avant d’accorder leur priorité au service à la clientèle. Cette façon de voir les choses est tout simplement maladroite. La production d’un service de transport relève d’abord de la maîtrise de la technique et si la recherche de la meilleure qualité est une préoccupation fondamentale de tout cheminot, on ne peut que s’en réjouir, car elle répond bien à l’attente de tout client, un transport sûr, rapide et d’un prix raisonnable.

Dans ce numéro de la RGCF, plusieurs articles abordent des points très techniques de l’exploitation ferroviaire. On peut les lire en s’arrêtant sur les performances et les résultats spectaculaires qui sont obtenus. Mais il est intéressant de ne pas se limiter à la simple information scientifique. Tous ces efforts d’ingénieurs doivent être remis dans une perspective de service rendu aux clients, sans lesquels le chemin de fer n’aurait jamais vraiment trouvé sa légitimité et sa longévité au milieu de la concurrence croissante des divers moyens de transport motorisés.

La sécurité reste toujours la base fondamentale sans laquelle un mode de transport ne saurait apporter une prestation fiable. Le chemin de fer cherche sans répit à entretenir et à toujours perfectionner la sécurité des circulations : plus qu’un service aux clients, cela est considéré comme un dû, perçu d’ailleurs à juste titre comme tel. La surveillance acoustique des essieux de rames TGV est un bon exemple du malentendu à propos du ferroviaire qui n’aurait qu’une vision technique de son activité : c’est grâce à cette recherche permanente de progrès technologique que les clients des trains à grande vitesse SNCF ont pu voyager en toute sécurité depuis les débuts. C’est cette satisfaction de la clientèle qui est la vraie performance technique.

L’article sur la ligne 8 du métro parisien est éloquent : comment, à partir de la solution technique d’un problème d’exploitation, apporter un double avantage à un nombre bien plus important de clients que les seuls directement bénéficiaires du prolongement de la ligne ? La démarche la plus simple aurait été d’acheter des rames supplémentaires pour assurer la nouvelle desserte ; celle qui a été recherchée est d’utiliser au mieux le parc existant. D’une part cela économise un investissement en matériel, et donc contribue à conserver un prix raisonnable du billet pour tous les clients de la RATP ; d’autre part l’accélération des trains sur toute la ligne fait gagner du temps à tous les voyageurs, y compris ceux qui ne vont pas jusqu’à Créteil. Le progrès technique constitue bien un progrès commercial.

Les chargeurs ne sont pas oubliés dans ce numéro. Il n’échappe à personne que l’allongement des trains de fret vise une meilleure productivité des investissements, au bénéfice des clients à qui un prix du transport plus attractif peut être proposé. 

Ainsi, la RGCF n’est pas qu’une revue technique. Elle traite aussi des démarches d’amélioration permanente du service aux clients.

Bonne lecture !

 

Pascal LUPO

Rédacteur en chef