Couverture revue n°240

Numéro 240

Juillet 2014

Prix Version Papier* : 19.00 €
Prix Version Digital* : 16.00 €
Prix Bimédia* : 29.00 €

Éditorial

Dans cette livraison de la RGCF, sont traités plusieurs sujets méconnus du public. Ils sont intéressants à plusieurs titres. Ils montrent le haut niveau de technicité de l’infrastructure et du matériel roulant. La variété des thèmes techniques que le domaine ferroviaire aborde est étonnante. Les dossiers de ce numéro retiendront l’attention des techniciens et des ingénieurs attirés par les métiers de l’électronique, des travaux publics ou de la mécanique.

Prenons le cas de l’évacuation des voitures à voyageurs. Cette question paraît banale, à tort. Elle s’est posée pratiquement dès les débuts du chemin de fer, à la suite de l’accident de Meudon en 1842 causant la mort de voyageurs, dont l’illustre explorateur Dumont d’Urville, faute d’avoir pu sortir des véhicules en flammes. L’évacuation est donc d’abord une question de porte qui se pose en termes d’exploitation ferroviaire et de technologie : faut-il les verrouiller ou non, quel compromis trouver entre facilité d’ouverture à l’arrêt et risque d’ouverture malencontreuse en marche ? De nos jours, l’accessibilité avec un fauteuil roulant forcément volumineux et difficilement maniable a conduit à réinventer les portes des nouvelles voitures construites ou transformées. Le dossier sur l’évacuation du matériel roulant nous rappelle, avec cet aspect faussement anodin des portes, que le chemin de fer se conçoit de longue date avec l’obsession de la sécurité et comme un transport public capable d’accueillir aussi logiquement que possible ses voyageurs sans entrave liée à leur condition physique.

La photographie de couverture cherche à illustrer l’adaptation permanente du train à l’évolution constante des besoins de ses clients en matière de praticité et de confort, dans des conditions de sécurité optimale. Les portes d’extrémité des deux voitures Corail, visibles sur la photographie, montrent deux solutions offrant la meilleure commodité à l’époque de leur construction : les défis techniques à relever sont visibles pour certains, comme l’emmarchement, avec une marche de plus dans un cas mais au prix d’une palette mobile, d’autres invisibles ici comme la fermeture automatique lorsque le train roule. Une troisième porte est visible : elle a été ajoutée à l’occasion d’un réaménagement récent, pour permettre d’accéder à la voiture en fauteuil roulant. Les progrès sont en phase avec les questions de société.

Enfin, ce dossier sur l’évacuation du matériel roulant s’inscrit dans le passage de la révolution industrielle, que le chemin de fer a su prendre, voire a généré, au XIXe siècle, à la révolution numérique de ce début de siècle. L’auteur décrit effectivement comment modéliser et simuler l’évacuation d’une voiture grâce à l’informatique, à la place d’une expérimentation simplement empirique.

Finalement, tous ces articles techniques sont loin d’être théoriques. Ils conjuguent l’aventure humaine, l’exploitation industrielle et la recherche prospective, à l’image des métiers qu’offre le monde ferroviaire.

 

Bonne lecture !

 

Pascal Lupo

Rédacteur en chef