Couverture revue n°243

Numéro 243

Novembre 2014

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Éditorial

Les différents articles qui composent ce numéro nous amènent à réfléchir sur la qualité dans l’exploitation ferroviaire. Elle se dissimule partout et c’est lorsqu’elle fait défaut qu’on peut l’apprécier.

Le niveau de qualité se mesure actuellement de plus en plus dans la satisfaction que les clients trouvent dans la prestation qui leur est fournie, ou plus exactement dans le déroulement de cette prestation au fur et à mesure qu’ils la consomment. On sait bien qu’une particularité du transport réside dans la fabrication du produit en présence du client, non pas simplement sous ses yeux, mais avec lui comme partie prenante. Même le passage dans la gare, qui ne constitue pas pourtant le déplacement à proprement parler, revêt une importance majeure dans la perception de la qualité du train. Les mesures de satisfaction ne se limitent pas au ressenti du voyageurs : c’est une affaire d’Etat, un enjeu de la politique européenne des transports. L’information qui vous est donnée sur la situation en Europe illustre bien l’importance accordée à la satisfaction de nos concitoyens.

L’information des voyageurs pour le bon déroulement du transport tout au long du trajet entre dans les tableaux de bord qualité des transporteurs qui doivent en rendre compte aux donneurs d’ordre et aux autorités chargées de veiller à la réalisation correcte des services. Pour cela, les dispositifs techniques convenables doivent être opérationnels. Il n'est plus pensable maintenant qu’un véhicule ne soit pas équipé de la sonorisation, par exemple, alors que c’était une installation rare, réservée à quelques trains prestigieux jusqu’au début des années 1970 et que certains matériels en service dans la dernière décennie n’avaient pas. La transmission d’une information vers le train doit être organisée efficacement, quel que soit son statut, et le tram-train ne saurait y échapper.

La qualité du chemin de fer est fondamentalement celle de la voie ferrée. C’est elle qui permet la circulation dans de bonnes conditions de sécurité et de rapidité. On a souvent répété, et plus tardivement observé, que les investissements sur les infrastructures, voie en premier lieu, sont indispensables pour le bon fonctionnement du système ferroviaire. Mais du fait de sa visibilité auprès du public moindre que les trains, l’infrastructure fait figure de parent pauvre. Nous avons voulu remédier à cette anomalie en mettant en avant la maintenance de la voie : le choix, rare, d’une draisine en photo de couverture est délibéré. La qualité des métiers de la voie est permise également par l’innovation permanente dans les techniques de pose, comme le montre le cas exposé pour les lignes à grande vitesse en construction.

La qualité est aussi affaire d’homme et non pas seulement de technique. Le dossier sur l’analyse des comportements, illustré de cas difficiles, souligne l’importance qu’il convient d’y attacher. Le train n’est pas le seul concerné. Une prestation de qualité est celle qui justifie la confiance que met le voyageur dans le transport ferroviaire.

Enfin, la qualité peut se mesurer par les résultats. Les résultats de trafic peuvent être vus comme une sanction, positive, encourageante ou signal d’alerte. La qualité se glisse partout, dans les investissements préparatoires, lors de la production du service, dans les impressions de la clientèle, dans les attendus de la collectivité et en fin de compte dans l’attrait du système ferroviaire. Toute cette palette de défis à relever fait la richesse des métiers du rail.

 

Bonne lecture !
 

François Vielliard

Rédacteur en chef adjoint