Couverture revue n°251

Numéro 251

Juillet 2015

Prix Version Papier* : 19.00 €
Prix Version Digital* : 16.00 €
Prix Bimédia* : 29.00 €

Éditorial

La politique ferroviaire d’un pays résulte fondamentalement d’une convergence entre offre technique, financement et volonté politique. En France à travers les différents régimes que nous avons connus depuis l’invention du chemin de fer, on peut légitimement considérer que c’est la puissance politique qui décide in fine, surtout de nos jours puisque le peuple est souverain en démocratie. Mais la réalité n’est pas exactement là, car c’est une alchimie entre ce que permettent la technologie, les capitaux et les besoins de transport ; c’est une sorte de séparation des pouvoirs, chère à Montesquieu. Le sommaire de ce numéro de la RGCF en est une application pratique.

Ainsi, présenter le wagon porte-remorque routière, alors que la décision de lancer l’autoroute ferroviaire Atlantique vient d’être ajournée par le gouvernement, aurait pu sembler incongru. Au contraire, il nous a semblé d’autant plus pertinent de publier le dossier, en toute transparence. Le wagon existe, il est au point, il en circule déjà bon nombre et l’outil de production pour en fabriquer davantage est prêt. La décision est politique dans le cas présent. Mais on trouverait facilement des cas inverses, où les pouvoirs publics souhaitent, voire décident, que des solutions de mobilité deviennent la règle, alors que la technique n’est pas au point. La mise en œuvre, c’est-à-dire l’application d’une décision qui n’est que théorique, reste du pouvoir des techniciens et des utilisateurs payeurs. On en a un exemple flagrant avec la voiture électrique, décarboné : le train électrique est une technologie au point, efficace, pertinente sur le plan économique et que le concept de rame bi-mode électrique et thermique renforce encore ; l’automobile cale sur les batteries. En se penchant sur les prospectives établies depuis quelques années, le basculement annoncé de l’automobile à essence vers l’électrique est loin de s’observer actuellement malgré une implication forte de certains constructeurs et un discours politique volontariste.

L’argent est le nerf de la guerre. C’est vrai aussi pour les transports. Le dossier sur la tarification voyageurs est fort instructif sur l’envie, mêlée de doutes, de contrôler le prix du train, avec un balancement entre besoins d’investissement et crainte de faire payer le voyage au juste prix. Cela demeure un vrai sujet de réflexion, dans le sens où les différentes approches se discutent et où la décision reste humaine, plus difficile à prendre que si la technique pouvait trancher définitivement.

Bien d’autres sujets dans ce numéro montrent combien il est délicat, donc passionnant, de prendre les bonnes décisions pour avoir le chemin de fer idéal : qualité de service face aux aléas imposés par la nature, vigilance permanente pour déjouer les risques nuisibles à la sécurité. Nous espérons comme toujours que ce numéro de la RGCF vous permettra d’apprécier la difficulté de décider, tout en vous aidant à y voir plus clair.

 

Bonne lecture !

 

Pascal Lupo

Rédacteur en chef