Couverture revue n°255

Numéro 255

Décembre 2015

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Éditorial

La France vient d’accueillir la COP21, réunion des pays du monde entier pour traiter des questions fondamentales qui se posent pour notre environnement dans les années devant nous. L’énergie, sous tous ses aspects, ressources, transformation, consommation, émissions, a été évidemment le sujet fondamental des discussions. Les transports se sont considérablement développés à partir du moment où est apparue la motorisation : le chemin de fer et la marine ont été les pionniers pour recourir au moteur, avec tout le bien-être apporté aux populations. On oublie trop souvent que le transport ferroviaire a, par exemple, fait disparaître les famines récurrentes dans les pays qu’il dessert, ou qu’il alimente si l’on ose ainsi manier les mots.

Quel est le rapport avec les articles publiés dans ce numéro de la RGCF ? Les transports, au-delà des services qu’ils rendent, sont maintenant mal-aimés : ils consomment de l’énergie et ils polluent l’atmosphère. L’électricité est porteuse d’immenses espoirs. On attend d’elle à la fois qu’elle fasse appel à des ressources naturelles inépuisables et qu’elle ne génère aucune nuisance. Mais son stockage reste problématique malgré les recherches engagées. Ce stockage est d’ailleurs lui-même devenu la source de pollution, ce qui est un paradoxe : fabrication, alimentation et recyclage des batteries. Toute cette façon d’aborder la question énergétique de demain est la base des débats et des négociations dans les réunions internationales comme la COP21 tenue à Paris en cette fin 2015.

L’électricité et le train ont une longue histoire commune. C’est peut-être justement parce que ce n’est plus une nouveauté que le chemin de fer actuel n’est pas sous les projecteurs de l’actualité tandis que la voiture électrique, propre, autonome, a droit à toutes les attentions politiques et médiatiques. En France, 90% du trafic ferroviaire fonctionne grâce à l’électricité, sans problème de stockage et sans limitation des performances. L’Europe des chemins de fer est aussi une réalité dans le domaine de la traction électrique : on peut aller de Madrid à Varsovie et de Glasgow à Brindisi comme d’Amsterdam à Constanta entièrement en train électrique.

Cette maîtrise silencieuse de l’électricité par le système ferroviaire est illustrée par deux articles techniques sur le contact entre le fournisseur du courant (la caténaire) et le véhicule qui y fait appel (le pantographe). La pertinence du train en matière d’utilisation de l’énergie justifie aussi deux autres sujets abordés ici : la grande vitesse ferroviaire est exclusivement électrique ; quant à la logistique urbaine, traitée dans un ouvrage dont vous trouverez une fiche de lecture, elle ne saurait s’imaginer dans l’avenir sans le chemin de fer.

Ainsi, le chemin de fer est souvent oublié dans les conférences internationales sur le climat : tant mieux, car cela signifie bien qu’il n’est pas l’une des sources de nuisance à traiter ; dommage, car il apporte immédiatement des solutions qui marchent, disponibles et non pas hypothétiques. Mais la faiblesse du système ferroviaire est bien sa discrétion, sa modestie, son efficacité en dehors de toute émission tapageuse dans l’atmosphère et dans les médias.

 

Bonne lecture et bonnes fêtes de Noël à tous nos fidèles lecteurs !

 

Pascal Lupo

Rédacteur en chef