Couverture revue n°261

Numéro 261

Juin 2016

Prix Version Papier* : 19.00 €
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Éditorial

En France, et sans doute ailleurs également, la relation entre la nation et les cheminots demeure teintée tout à la fois de proximité et d’éloignement, de passion et d’agacement, trop souvent d’incompréhension. On connaît la boutade que rapporte Louis Armand dans ses Propos ferroviaires, où les cheminots ne partagent rien avec la société civile sauf les cimetières. Le numéro de la RGCF que vous avez sous les yeux, chers lecteurs, sous couvert de dossiers d’apparence très technique comme s’ils devaient ne s’adresser qu’à une élite du chemin de fer, vient apporter de quoi revoir cette vision simpliste et quelque peu méprisante.

Deux dossiers sont pointus sur le plan technique : Iris by TGV et IGBT partie 2. Ils ne s’adressent pas qu’à des ingénieurs ; ces sujets sont fréquemment évoqués dans les services de l’Etat, car ils ont des retombées sur l’excellence ferroviaire, en l’occurrence son impact sur la capacité d’exportation de l’industrie ferroviaire, et sur la maintenance du réseau ferroviaire français dont on sait quelle place primordiale elle occupe dans les débats sur les politiques publiques d’investissement.

L’attachement des Français à leur chemin de fer, même s’ils ne dédaignent pas la route en découvrant l’autocar ou la voiture d’autrui, reste vivace. Les visiteurs qui viennent voir Grand Train sur le site du dépôt de Paris La Chapelle sont nombreux à admirer les locomotives brillamment restaurées, en souhaitant qu’un musée définitif succède à cette exposition éphémère. C’est dire à quel point le travail de restauration du patrimoine ferroviaire, dont vous trouverez les étapes dans le dossier préparé par des agents du Technicentre de Rouen Quatre-Mares, répond à une attente du grand public. Plusieurs machines présentées à La Chapelle sont le fruit d’un minutieux travail associant compétence technique, rigueur professionnelle, patience et persévérance. Toute cette expertise industrielle est mise au service de la Cité du train, musée ouvert à tous, à l’opposé d’un monde prétendument fermé.

Lorsque vous aurez lu l’article sur la Fondation SNCF, le doute ne sera plus permis : les cheminots savent s’intéresser à la société dans laquelle nous vivons, se dévouer à des causes en dehors du milieu ferroviaire, partager les expériences et le savoir-faire acquis dans leur métier. « La profession de cheminot a été aiguillée, dès l’origine, vers la solidarité », écrit Louis Armand. De nos jours, cette solidarité est autant tournée vers l’extérieur de l’entreprise, comme l’attestent les activités de la Fondation SNCF.

Le train s’ouvre sur l’Europe encore davantage, avec Thalys et sa nouvelle offre Izy. Il va même encore plus loin, comme le montre son imbrication dans le port de La Rochelle, porte d’accès sur le monde. Il se fond dans la société tout entière, représentée dans le cinéma dont il est un acteur depuis toujours.

Assurément, le monde cheminot, loin de vivre en vase clos, porte son regard dans toutes les directions, dans le monde, dans la société humaine, dans le temps. Le sommaire de ce numéro de la RGCF est là pour nous ouvrir les yeux autour de nous et mieux nous comprendre, quelle que soit notre place vis-à-vis du milieu ferroviaire.

 

Bonne lecture !
 

François Vielliard

Rédacteur en chef adjoint