Couverture revue n°263

Numéro 263

Septembre 2016

Prix Version Papier* : 19.00 €
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Éditorial

Dans les grandes entreprises, on a coutume de dire qu’un fossé sépare les dirigeants, stratèges ou politiques, du terrain, constitué du personnel qui assure la production et de la clientèle qui s’y trouve engagée. C’est un risque indéniable ; ce n’est pas pour autant une vérité aussi simpliste. Et la RGCF vise à combler ce prétendu fossé en permanence. Le présent numéro en est une preuve. Tous les articles abordent des questions qui se posent directement à tous ceux qui font rouler les trains et qui les utilisent.

Commençons par la conduite. Dans le système ferroviaire français, 90% de la consommation d’électricité est due à la traction des trains ; c’est donc le conducteur qui peut jouer le rôle principal dans les économies recherchées immédiatement. Les bureaux d’étude ont plutôt la mission de trouver les économies futures. Mais ils ne sauraient ignorer la réalité opérationnelle, entre les mains du conducteur qui passe de la théorie à la pratique. Sans refaire l’histoire des conditions de conduite, quoique le passé-présent en rappelle quelques étapes, on apprendra non sans étonnement que la climatisation des cabines de conduite de locomotives conçues à une époque où cela ne s’envisageait pas, est un équipement compliqué à installer correctement.

Passons à l’exploitation et à l’infrastructure. Des inondations exceptionnelles au printemps dernier n’ont pas épargné le réseau. Des agents se sont mobilisés pour protéger puis remettre en état des installations, tandis que d’autres ont dû aider les clients dans leurs déplacements. La photographie de couverture en donne un tableau spectaculaire : des bâches pour essayer de limiter les dégâts des eaux sur la ligne du RER C qui longe la Seine à Paris. Le dossier sur l’étude des inondations en vue de prendre des mesures préventives pour l’avenir montre également ce lien entre l’anticipation pour affronter de futurs risques et le retour d’expérience des cheminots qui ont subi effectivement des inondations. Le dossier sur UFM 160 procède de la même démarche : un engin conçu pour aider les agents directement chargés de l’entretien des voies.

Portons maintenant notre attention sur les clients du chemin de fer. On ne saurait se désintéresser de leur voyage en amont et en aval de leur parcours en train. Le porte à porte, au-delà du gare à gare, mérite réflexion et c’est ce vécu du déplacement qui nous est exposé, avec des interrogations pratiques, au plus près du terrain, sans se cantonner à une discussion de salon. Le décryptage sur le site de Nanterre aide aussi à comprendre comment le train dessert un territoire.

Pour conclure, comment synthétiser cette relation étroite entre la théorie et la pratique ? Ce qui se passe sur le terrain, des régulateurs l’examinent attentivement et le dernier rapport de l’association des régulateurs en Europe nous en donne une image instructive. Et finalement, l’arrêt sur image ne saurait mieux montrer cette relation étroite entre les concepteurs, qui ont imaginé l’exposition Grand Train avec ceux qui l’ont installée, et le public, qui vient dans l’espace le plus ferroviaire qu’on puisse concevoir, le site du dépôt de locomotives de La Chapelle, avec son pont transbordeur qui serait bien le seul véritable fossé qu’on trouve objectivement sur le terrain.
 

Bonne lecture !

 

Pascal Lupo