Couverture revue n°269

Numéro 269

Mars 2017

Prix Version Papier* : 19.00 €
Prix Version Digital* : 16.00 €
Prix Bimédia* : 29.00 €

Éditorial

Lorsque des lecteurs s’adressent à la RGCF, on sent se dégager deux tendances : le terrain, bien réel avec ses investissements techniques, son exploitation, son savoir-faire ferroviaire, ou le monde virtuel, avec sa terminologie volatile tant elle évolue vite, numérique, digital, données, tablettes, jeunes pousses et autres termes souvent anglo-saxons comme big data qui figure dans le sommaire de ce numéro. Est-ce une rupture entre ces deux approches qui seraient chacune le monopole d’une génération qui ignore l’autre ?

La RGCF ne se contente pas de décrire les réalisations actuelles : elle ose explorer les tendances d’avenir, même si finalement l’avenir aura été bien différent de ce qu’on imaginait. Il ne s’agit pas de prédire l’avenir de façon péremptoire, mais d’ouvrir le champ à la réflexion. L’article sur la mobilité qui n’est pas qu’une question de transport en est un exemple à méditer : il brosse un tableau de l’état de la prospective d’aujourd’hui.

L’exploitation de données progresse extraordinairement vite, notamment grâce à internet. Les informations se forment elles-mêmes, se récoltent, circulent et s’analysent automatiquement. Elles sont de plus en plus nombreuses, probablement au-delà de ce qui est utile. Mais c’est la matière première nécessaire soit pour inventer de nouveaux usages, soit pour faciliter des tâches utiles de longue date. Les multiples opportunités offertes par l’exploitation des données se retrouvent dans la plupart des dossiers de ce numéro. Loin d’être des recherches théoriques, elles touchent directement le milieu ferroviaire : la voie ferrée, les gares, le réseau. Le monde virtuel et le terrain ne font qu’un.

Le digital se définit lui-même maintenant, non d’ailleurs sans une certaine dérive sémantique, comme avoir au bout des doigts toutes les informations numériques. Au chemin de fer, on met également les mains à la pâte, sinon dans le cambouis. Ce numéro ne l’ignore pas, car, sans terrain, point de digital utile. La question de la fissuration des pièces mécaniques doit être absolument traitée, car il n’y a pas de bonne mobilité sans transport fiable. De même, sans gare, sans train, sans poste d’aiguillage, sans lignes qui desservent les zones de production, la mobilité resterait un vain mot. Tous ces outils apparaissent dans ce numéro au côté du numérique, que ce soit sous forme de photos, de décryptage, d’articles.

Plus globalement, ce numéro de la RGCF s’inscrit dans les débats autour du transport, tels qu’ils sont médiatisés. On parle d’opérateurs de mobilité, qui sont en réalité de deux natures. D’une part, les nouveaux venus sont les systèmes fondés sur internet et l’exploitation de données numériques ; sur les plans commerciaux et financiers, ils tiennent déjà une grande place et visent à devenir incontournables. D’autre part, les transporteurs sont les acteurs qui financent les infrastructures et les véhicules ; ils sont la base même du service rendu et risquent de se faire couper de leurs clients par les nouveaux venus. En outre, l’enchaînement du producteur au consommateur intègre dorénavant plus que jamais le consommateur lui-même producteur. L’équilibre entre opérateurs de la mobilité et dans la composition de leurs contributions devient la piste à explorer par les prospectivistes. A cette occasion, l’apparente dichotomie entre terrain et monde virtuel se révélera certainement sans fondement. L’ambition de la RGCF est d’apporter un éclairage sur toutes ces innovations qui intéressent le chemin de fer.

 

Bonne lecture !
 

Pascal Lupo

Rédacteur en chef