Numéro 291

Mars 2019

Prix Version Papier : 16.00 €
Prix Version Numérique : 16.00 €
Prix Bimédia : 29.00 €

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Éditorial

À l’heure où tout paraît facile, on a tendance à penser que tout se passe automatiquement. Quelques clics sur un smartphone suffiraient pour que la mobilité soit assurée. C’est bien ce qu’attendent les clients des trains et à juste titre : la raison d’être des compagnies ferroviaires demeure dans le service produit, à savoir amener à bon port les voyageurs et les marchandises confiées par les chargeurs. 

Justement, qu’entend-on par compagnie ferroviaire ? Est-ce le commissionnaire de transport, y compris l’application sur smartphone, qui a pignon sur rue, visible directement, voire exclusivement, par le client voyageur ou chargeur ? Ou bien s’agit-il du transporteur qui produit le moyen de se déplacer ? Sur celui-ci repose toute la chaîne industrielle, indispensable et pourtant vite mal aimée dès qu’un incident perturbe le voyage ou que des investissements nécessitent des dépenses. Un Conseil régional, en tant qu’autorité organisatrice, occupe une position difficile car il aborde la question du transport de voyageurs des deux côtés : d’une part comprendre et structurer les besoins de mobilité de la population, à qui il a des comptes à rendre, d’autre part composer avec la compagnie ferroviaire, dans ses deux facettes transporteur et gestionnaire d’infrastructure, là où se trouvent les moyens d’assurer effectivement le transport, avec les exigences techniques, d’organisation et de financement. 

La plupart des articles de ce numéro tournent autour des questions à traiter pour offrir un service public ferroviaire de qualité. Une équipe chargée des transports dans une autorité organisatrice y retrouvera des sujets auxquels elle est confrontée à un moment ou à un autre. Prévoir le trafic constitue la base même de sa commande lors de la signature d’une convention. L’exercice est indispensable et peut paraître rebutant ; pourtant les spécialistes qui nous livrent leurs observations dans le premier dossier montrent qu’il n’est pas insurmontable dès lors qu’il est mené avec professionnalisme. La circulation des trains s’intègre dans tout le système ferroviaire : entretien des infrastructures, règles d’exploitation des gares, sécurité omniprésente. Plusieurs articles donnent un aperçu de cet ensemble, le remplacement du viaduc de Marly le Roi, les pancartes d’arrêt des trains sur les quais, la sécurité en permanence dès la couverture de ce numéro jusqu’aux racines de la RGCF dans le passé-présent. 

Le fret ferroviaire revient constamment dans les discours politiques et les vœux des populations locales, malheureusement sans résultat probant en France. Il n’y a pas lieu de se décourager, la situation du fret ferroviaire en Suisse nous montrant que le chemin de fer reste un atout de la plus grande importance au centre de l’Europe. 

La faculté de se déplacer résulte d’une chaîne d’efforts humains, de bonnes volontés et de décisions bien mûries. Ce numéro de votre revue en donne un panorama ; il pourrait presque aussi exprimer un remerciement adressé à chaque acteur. 

Bonne lecture ! 

Pascal Lupo